Article publié en février 2026

Santé publique : l’alimentation en 1ère ligne

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Temps de lecture : 2 MIN
En France, l’obésité coûte 10,6 milliards d’euros par an et tue plus de 60 000 personnes. Pourtant, une grande partie de ces décès pourrait être évitée par de meilleures habitudes alimentaires. L’alimentation s’impose comme un déterminant clé de santé publique. Encore faut-il agir sur les bons leviers, et les mutuelles en font partie.

Promouvoir une alimentation saine comme la meilleure des préventions ? Cette conviction est désormais largement partagée par les autorités sanitaires et les professionnels de santé. Et pour cause : l’alimentation influence directement le risque de développer de nombreuses pathologies chroniques, dont les maladies cardiovasculaires, le diabète de type 2 ou encore certains cancers. L’Organisation mondiale de la santé rappelle que les maladies non transmissibles, pour la plupart largement évitables par de meilleures habitudes alimentaires, sont responsables de 75% des décès dans le monde en 2021. En France, avec plus de 6,6 millions de pathologies, traitements et épisodes de soins, et plus de 60 000 décès, l’obésité représente à elle seule la cinquième cause de mortalité, selon le rapport Laville remis au ministère de la Santé en 2023.

Une France de plus en plus en surpoids

Les chiffres sont sans appel. Selon ce même rapport, entre 1997 et 2020, la proportion de personnes obèses a doublé en France, passant de 8,5% à 17%. On compte aujourd’hui 8,5 millions d’adultes obèses, dont plus de 5% souffrent d’obésité sévère (IMC supérieur à 35). L’enjeu est également économique : la prise en charge de l’obésité et de ses complications représente un coût évitable pour l’Assurance maladie, les organismes complémentaires et les entreprises de 10,6 Mds€ par an, soit 1 240€ en moyenne par individu concerné, selon une étude économique réalisée en 2022 par le cabinet Asterès.

Loin d’être uniformément répartie, l’obésité est un marqueur des inégalités sociales. Elle touche davantage les populations les plus défavorisées, où l’accès à une alimentation de qualité est souvent plus restreint, tant pour des raisons économiques que culturelles. Ainsi, chez les enfants de familles ouvrières, le taux d’obésité atteint 6%, contre 1% chez les enfants de cadres. Et dans les territoires ultramarins, la situation est encore plus critique : 31% de la population est obèse aux Antilles, et jusqu’à 47% à Mayotte.

La prévention nutritionnelle, une priorité partagée

Face à ce constat, les politiques publiques s’organisent. Le Programme national nutrition santé (PNNS) a inscrit la lutte contre l’obésité au rang des priorités, en agissant sur l’environnement alimentaire, la fiscalité (taxe sur les sodas), l’étiquetage nutritionnel (Nutri-Score), ou encore la restauration scolaire. Le 4ème PNNS a été prolongé en 2024 pour permettre une meilleure articulation avec la future Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (SNANC) à l’horizon 2030 et le prochain PNNS 2025-2030. « Pour réussir, le PNNS 5 devra articuler objectifs de santé publique, équité sociale et durabilité environnementale, en s’appuyant sur une gouvernance renforcée, des financements stables, et des mesures à la fois pédagogiques et contraignantes », prévient le Haut Conseil de la Santé Publique.

Éduquer, accompagner, prévenir : les mutuelles en 1ère ligne

Mais au-delà de l’action publique, les mutuelles ont un rôle de premier plan à jouer. Actrices historiques du progrès social, elles développent de plus en plus d’initiatives pour accompagner les adhérents dans leur parcours de santé alimentaire. Certaines proposent des bilans nutritionnels, des ateliers de cuisine ou encore des remboursements de consultations diététiques. D’autres s’engagent dans des programmes plus ambitieux, ciblant les jeunes parents ou les adolescents, avec des actions de prévention déployées dans les écoles ou les entreprises. L’objectif est clair : agir en amont, avant que les pathologies ne s’installent.

« On ne peut pas demander aux gens de faire des choix éclairés s’ils n’ont pas les moyens de le faire », a souligné le Pr Martine Laville, auteure du rapport remis au gouvernement. Lutter contre l’obésité, ce n’est pas simplement responsabiliser les individus, c’est transformer leur environnement : rendre l’alimentation saine plus accessible, moins chère et plus lisible. Un chantier que les mutuelles peuvent contribuer à structurer, en complément des politiques publiques.

 

À la Réunion, MUTA sur tous les fronts

En 2021, 15% des adultes à La Réunion souffraient d'obésité et 47% étaient en surpoids. De plus, 13,6% des adultes étaient diabétiques, soit plus du double que dans l'Hexagone (5,7%). Face à cette situation, MUTA a lancé le programme « Mieux vivre son diabète », autour de trois grands projets : CITEDI (dépistage et sensibilisation) ; Camélias Santé (amélioration de la qualité de vie des habitants du quartier des Camélias) et Expodia (compréhension du corps pour améliorer la prévention). Cette approche de terrain multisectorielle incarne le rôle clé des mutuelles dans la lutte contre les inégalités alimentaires en Outre-mer. 

 

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